Comment entretenir son pull en laine Aran ?

 

Comprendre pourquoi un pull rétrécit

La fibre de laine est couverte d’écailles microscopiques, un peu comme un cheveu. Sous l’effet combiné de la chaleur, de l’eau et du frottement, ces écailles s’ouvrent, s’accrochent les unes aux autres et ne se décrochent plus. Les mailles se resserrent, le pull s’épaissit et rapetisse : c’est le feutrage, et il est irréversible.

Retenez trois ennemis : l’eau chaude, l’agitation et le choc thermique. Un pull Aran y est particulièrement sensible, parce qu’il est épais, en pure laine vierge, et que ses torsades retiennent beaucoup d’eau.

Premier conseil : laver moins souvent

C’est le conseil le plus utile ! La laine résiste naturellement aux taches, aux odeurs et aux faux plis. Elle demande donc bien moins de lavages que les autres matières. Un pull Aran porté par-dessus une chemise ou un t-shirt n’a pas besoin de passer à l’eau après chaque usage. Deux ou trois fois par saison suffisent souvent.

Deux gestes remplacent avantageusement la machine :

Aérez-le. Pour chasser une odeur de tabac ou de cuisine, étendez le pull à plat sur un lit ou une serviette pendant une heure. Cela suffit dans la plupart des cas.

Laissez-le reposer. Attendez vingt-quatre heures avant de le porter à nouveau. La fibre retrouve son élasticité naturelle et reprend sa forme d’origine. C’est ce qui explique qu’un pull porté deux jours d’affilée se déforme plus vite. 

Autre astuce ! Suspendez-le dans la salle de bains après une douche. La vapeur fait disparaître les plis sans effort.

Laver un pull Aran : à la main, de préférence

Nous préconisons le lavage à la main. Retournez le pull sur l’envers, plongez-le dans une eau tiède et propre, autour de 30 °C, avec une lessive douce et neutre. Laissez tremper une dizaine de minutes, puis rincez abondamment : d’abord à l’eau tiède, et seulement ensuite à l’eau froide. 

Trois précisions qui font toute la différence :

  • Ne frottez pas, ne tordez pas. Pressez doucement le pull dans l’eau, rien de plus. C’est le frottement qui feutre.
  • Évitez les écarts de température. Passer brusquement du chaud au froid provoque un choc qui abîme la fibre. D’où le rinçage en deux temps.
  • Choisissez la bonne lessive. Une lessive neutre et douce, spécifique laine. Écartez les lessives puissantes, les lessives contenant des enzymes et tout produit contenant un agent blanchissant. Jamais d’eau de Javel, chlorée ou oxygénée. Si vous utilisez une poudre, dissolvez-la avant de la verser : un grain concentré au contact de la maille peut y faire un trou. Allez-y doucement sur l’assouplissant. Il n’est pas interdit, mais en petite quantité seulement. En excès, il agit comme un lubrifiant : les fibres remontent plus facilement à la surface, et le pull bouloche davantage aux lavages suivants.

Et en machine ? C’est possible. Mais utilisez alors le programme laine ou, à défaut, le cycle délicat et réglez la température sur 30 °C. Ce cycle réduit au minimum le brassage du tambour, qui est le véritable responsable du feutrage. Dans tous les cas, retournez le vêtement sur l’envers avant lavage : cela préserve son aspect neuf plus longtemps.

Séparez les couleurs sombres des claires, y compris mouillées, pour éviter qu’elles ne déteignent. Pour un Aran épais, nous conseillons tout de même la main. La machine, même en programme laine, reste une prise de risque sur une pièce à laquelle on tient.

Le séchage : là où tout se joue

C’est l’étape la plus souvent ratée, et pourtant la plus simple.

Séchez toujours à plat. Sur un fil ou un cintre, le tricot s’allonge sous le poids de l’eau et perd sa forme. Un pull Aran gorgé d’eau pèse lourd : une seule erreur suffit à déformer les épaules définitivement. Posez-le sur une serviette claire, qui ne peluche pas. Remettez ensuite le pull en forme à la main, en chassant délicatement les plis.

Tenez-le loin de toute source de chaleur. Pas de soleil direct, pas de lumière amplifiée derrière une vitre, et surtout pas de radiateur : la partie posée dessus sèche plus vite que le reste, ce qui peut altérer la couleur ou marquer le vêtement à cet endroit. Pas de sèche-linge, sauf mention explicite sur l’étiquette.

Le boulochage : un phénomène normal

Les petites boules qui apparaissent sous les bras ou sur les flancs inquiètent souvent. Ce n’est pas un défaut de qualité. Le boulochage vient du frottement pendant le port. Il se forme surtout aux coudes, aux aisselles, sur les manches, le ventre et les côtés, partout où les bras frottent contre le corps du pull.

Trois gestes le limitent : retourner le vêtement avant lavage, être parcimonieux avec l’assouplissant, et réduire autant que possible les frottements.

Pour retirer les bouloches : à la main si elles sont peu nombreuses, au peigne en procédant très délicatement, ou avec un rasoir anti bouloches. Ces petits appareils coûtent quelques euros et redonnent au pull son aspect neuf.

Ranger son Aran en été

La laine se range propre, jamais autrement. Les taches alimentaires et les traces de transpiration attirent les mites : nettoyez toujours le vêtement avant de le ranger.

Pliez, ne suspendez pas. Un tricot plié garde sa forme ; suspendu plusieurs mois, il s’allonge.

Oubliez la naphtaline. Les blocs de cèdre protègent aussi bien, voire mieux, contre les mites et les poissons d’argent, et sentent infiniment meilleur. La lavande est une aussi bonne alternative. Dans les deux cas, ne posez jamais l’antimite directement sur le vêtement.

Préférez les housses en tissu. Les sacs sous vide font gagner de la place, mais empêchent la laine de respirer et peuvent retenir l’humidité. Une housse en coton est plus sûre.

Pensez à vérifier vos pulls de temps en temps, pour vous assurer qu’aucune humidité ni aucun insecte ne s’y est installé !

 

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